Le Club des incorrigibles optimistes

Jean-Michel Guenassia (2009)
Prix Goncourt des Lycéens

Morceau choisi: Something more de Emilie Simon

“Le Club…” ce sont des routes qui se croisent, des personnages qui se rencontrent, se lient et parfois se déchirent. Le récit se déroule à Paris mais dans un Paris multi-culturel, où Sartre et Kessel fréquentent la même arrière-salle d’une modeste brasserie que Igor, Pavel ou encore Léonid, réfugiés du Rideau de Fer. Et bien sûr, le Paris des années 60 connaît la guerre froide mais il connait aussi la guerre d’Algérie, thème également récurrent dans le roman.
Le décor est planté: le narrateur, Michel Marini, un gamin ordinaire de 12 ans va fréquenter ce fameux club d’échecs du Balto dans lequel se côtoient ces nombreux personnages hauts en couleurs et y apprendre beaucoup. Il y apprendra notamment la douleur de l’exil de ces joueurs d’échecs aux parcours chaotiques, l’impossibilité de se défaire d’un passé qui vous colle à la peau et vous rattrape sans cesse, mais également l’amitié vraie, la solidarité et la générosité des philosophes français qui n’hésitent pas à donner un coup de pouce aux membres du club quand les fins de mois sont trop difficiles…

C’est un club qui reflète la vie sans chichis ni masques. Michel va y grandir pendant 5 ans et y mener une vie presque parallèle à sa vie d’enfant. Il trouve dans ce club un refuge où la vie est comme suspendue et dans lequel il peut oublier un peu ses parents qui se déchirent, son ami tué au combat, son frère Franck qui s’engage dans l’armée pour fuir le désastre familial ou encore la jolie Cécile, une amie chère mais ô combien fragile.

Ce club voit donc se côtoyer des personnages aux histoires entières, souvent tristes mais qui n’ont rien perdu de leur optimisme et de leur foi en la vie.
C’est un roman que j’ai vraiment apprécié pour les portraits de ces différents héros et qui se dévoilent au fur et à mesure du texte. Bien qu’ils n’aient pas toujours eu une attitude irréprochable dans leur pays ou en France et bien qu’ils aient des secrets lourds et parfois honteux, Jean-Michel Guenassia parvient à rendre ces personnages réellement attachants. Peut-être parce qu’ils sont “vrais”. Peut-être parce qu’à des degrés différents, nous pouvons tous nous retrouver dans ces portraits d’hommes ordinaires.

De plus, pour donner à ce récit tout l’éclat qu’il méritait, l’auteur a su manier un style parfaitement fluide et entrainant qui ont rendu ces 700 pages très faciles à lire. Ce roman a donc été un l’occasion d’un voyage très agréable au pays des hommes, de leurs bassesses et de leurs espoirs.

Je vous le recommande chaudement.

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Une réponse à “Le Club des incorrigibles optimistes

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