Mes Hommes de lettres

Catherine Meurisse (2008)

La mode est actuellement aux BD politico-biographiques, artistico-biographiques, historico-biographiques et j’en passe. Le succès d’Ourberie et de Birmant pour Pablo ou celui de Blain et de Lanzac pour Quai d’Orsay en témoigne .

Dans un projet tout aussi ambitieux, Catherine Meurisse ne dresse pas le portrait d’un seul auteur. Elle nous propose plutôt un voyage dans le monde merveilleux de la littérature française et de ses écrivains les plus célèbres. Ainsi, du Moyen-Age jusqu’au XXème siècle de Sartre et de Céline, l’auteur révèle ici et là des anecdotes sur chacun, avec un certain humour.
Les auteurs et leurs oeuvres sont passés au crible, et Meurisse pose un regard à la fois tendre et amusé sur ces grandes plumes françaises. On trouve parmi ces hommes de lettres un Montaigne en pleine crise existentielle, psychanalysé depuis vingt ans et qui, suivant le conseil de son thérapeute, entreprend l’écriture des Essais. Cette peinture du philosophe humaniste nous le rend plus sympathique, partiellement névrosé, certes, mais beaucoup plus attachant. Plongés cette fois-ci au XIXème siècle, on retrouve un Victor Hugo en proie aux critiques acerbes de ses contemporains lorsqu’il met en scène Hernani, pièce dans laquelle il bouleverse les règles du théâtre classique et fait définitivement entrer le romantisme dans la littérature. De même, George Sand nous est présentée dans son rôle d’auteur, de révolutionnaire mais aussi d’amante d’un Musset passionné, d’un Chopin hyper-sensible et de Flaubert.

Tous ces auteurs importants dans notre littérature, Catherine Meurisse leur rend hommage. Elle les fait se rencontrer sans chichis et parvient à les rendre accessibles. En nous emmenant avec elle à la rencontre de l’Histoire, Meurisse nous montre des homme de lettres qui sont avant tout des hommes. Grâce à elle, Du Bellay ou Rabelais sont désacralisés et feraient presque figures de joyeux lurons, c’est dire. Toutefois, elle n’hésite pas à pointer du doigt les erreurs de certains et notamment celles de Gallimard qui ne sait, à l’époque, reconnaître ni le talent de Proust, ni celui d’Alain-Fournier ni de Mauriac…

Vous l’aurez compris, Mes hommes de lettres est un voyage dans le temps au cours duquel Renart et Panurge nous racontent Gargantua et la littérature médiévale. C’est une bande dessinée qui réussit à nous instruire en même temps qu’elle nous amuse. Des grands hommes tombés de leur piedestal, des anecdotes ou des faits historiques qui prêtent à rire et voilà l’histoire de la littérature réinventée par Meurisse.
Il s’agit donc d’un récit plaisant de par l’angle de vue choisi par l’auteur. Cela dit, je n’ai pas été séduite par le trait de Meurisse. Je n’ai pas trouvé ses planches particulièrement jolies et c’est ce qui m’a le plus gêné, je crois. J’aurais souhaité plus de couleurs, plus de gaieté dans ses dessins, d’autant plus que le thème de la BD s’y prêtait parfaitement. Autre bémol, les dires des différents écrivains ne sont pas simples à lire et j’ai souvent dû déchiffrer ce qui était écrit, à cause d’une police d’écriture assez étrange.
Ces Hommes de lettres, je vous les recommande si vous avez envie de passer un moment agréable à leurs côtés et si le second degré ne vous effraie pas. La critique sur l’esthétique de cette BD m’est personnelle et elle pourra certainement vous plaire, alors, rejoignez Meurisse et ces drôles d’amis !

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