Rosa Candida

Audur Ava Ólafsdóttir
2007

Morceau choisi: Bury my head de Kate Walsh

Ce petit roman qui nous vient tout droit d’Islande concentre tous les ingrédients d’un succès inévitable auprès des lecteurs. On y parle d’amour, de roses, de vie, de foi et de renaissance. Ces thématiques, réunies dans un même ouvrage, et racontées avec douceur et exotisme arracheraient une larme d’émotion au plus insensible d’entre nous (ou un léger sourire attendri, c’est selon).

Rosa Candida raconte l’histoire d’Arnljótur, un jeune homme qui choisit de quitter son Islande natale pour rejoindre un monastère reculé dans un pays dont le nom ne nous sera jamais révélé. Mais Arnljótur ne part pas vide. Il embarque avec lui son passé qui prend tour à tour les traits d’une photographie d’enfant, de trois boutures d’une rose unique ou encore d’un vieux pull tricoté par sa mère. Le souvenir de sa mère, disparue accidentellement, ne le lâche pas et c’est pour cette passionnée d’horticulture qu’il part travailler dans la roseraie de ce monastère mystérieux. Son voyage s’apparente à un cheminement initiatique et son passé, un peu trop pesant pour ses jeunes épaules de 22 ans, va s’avérer être la force qui le guide et qui lui permet de donner un sens à son existence.
C’est dans cette région inconnue qu’il donnera vie à sa mère sous la forme d’un jardin; c’est là aussi qu’il prendra pleinement conscience de son rôle de père par « accident », et c’est encore ici qu’il se rapprochera de son père et de son frère restés en Islande. En somme, le monastère et sa roseraie formeront le terreau nécessaire à son épanouissement et à l’homme qu’il sera alors en passe de devenir. Passé, présent et futur se rencontreront entre deux fleurs et cohabiteront enfin sereinement.

Si j’ai apprécié la poésie qui émane de ces instants de vie sous la plume d’Audur Ava Ólafsdóttir, je reproche tout de même au roman quelques longueurs. Il me semble que la première moitié du récit peine à débuter tandis que la seconde est pleine de surprises, de révélations et de rebondissements. Le roman est en quelque sorte mal équilibré: on n’entre dans le coeur du récit qu’après une longue introduction de chacun des personnages et de son histoire. Mais c’est certainement aussi un choix de l’auteur que de faire patienter son lecteur. Le récit progresse au rythme de son personnage principal, l’écriture concorde avec les évènements de sa vie et les décisions qu’il est amené à prendre. Finalement, sa vie d’avant son départ n’est qu’une trève, un arrêt sur image avant le grand saut dans sa vie d’adulte. Et ce récit, bien qu’il traite à plusieurs reprises de la mère décédée à travers les mots du jeune Arnljótur ou de ceux de son père est bel et bien un récit ancré dans le présent. C’est le quotidien du narrateur que nous suivons page après page, un quotidien empreint de nostalgie et de souvenirs mais également résolument tourné vers l’avenir.
C’est pourquoi, en dépit de ce léger déséquilibre, Rosa Candida n’en reste pas moins un roman plaisant, joli et hors du temps. La lecture en est extrêmement facile et avec des mots simples, l’auteur nous emmène avec elle dans cette contrée lointaine où les enfants ont des boucles d’or et où les roses colorent la vie. C’est un roman plein de pudeur, de spontanéité et de quiétude. Un roman qui suspend le temps présent et qui donne à savourer un instant sucré, comme volé.

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2 réponses à “Rosa Candida

  1. Ah les romains scandinaves… et leurs prénoms illisibles et imprononçables…

  2. Pingback: Quand la musique est bonne « litte100rature

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