Kyôto

Par Yasunari Kawabata (1962)
Prix Nobel de Littérature en 1968

« On ne devrait lire que les livres qui vous mordent et vous piquent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ? » a écrit Kafka dans une lettre à Oskar Pollak.

Kyôto ne mord ni ne pique, et pourtant, il fait partie de ces livres qui doivent être lus, n’en déplaise à Kafka.
Ce petit bijou de la littérature japonaise nous plonge au coeur du Japon, dans un pays où l’on offre à l’être aimé une ceinture de kimono brodée à la main et où l’on parle de ses sentiments sous des cerisiers en fleurs ou dans une allée d’érables. Dans ce roman, les hommes vivent dans la nature, en harmonie avec elle et l’un ne saurait primer sur l’autre. C’est un livre délicat, pudique et poétique.
Yasunari Kawabata ne nous abreuve pas de sentiments dégoulinants et ne verse jamais dans le pathos. Au contraire, il nous donne à lire un roman tout en retenue et arrête son histoire au moment même où elle pourrait commencer.
Je ne connaissais rien de Kawabata avant de me plonger dans Kyôto et tout au long de ma lecture, j’ai vu en l’auteur une femme… avant d’en découvrir la photographie plutôt virile que voici:

Je crois que les écrivains japonais n’ont pas leur pareille pour ciseler à ce point leurs récits, pour leur donner autant d’élégance et de finesse.
Après avoir lu Haruki Murakami, je tenais à découvrir l’écriture japonaise avant sa mondialisation, dans toute son authenticité et sa justesse. Kyôto a cinquante ans, il pourrait en avoir deux cents que le plaisir qu’il confère resterait inchangé.
L’histoire de ces deux soeurs jumelles, séparées à la naissance et élevées dans deux milieux très différents est, je crois, insensible au temps qui passe.

Beaucoup ont vu dans ce roman le déchirement de l’auteur face à l’américanisation de son pays. C’est certainement un axe de lecture pertinent mais qui, pour moi, n’est que secondaire. Ce qui prime, c’est d’abord la pudeur des rapports entre les hommes, la place des traditions, des fêtes ancestrales dans la ville de Kyôto et les mille et une couleurs qui s’en dégagent.

L’écriture japonaise a le pouvoir de vous transporter, de vous faire voyager et je ne peux que vous inviter à la lecture de ces auteurs.

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2 réponses à “Kyôto

  1. Je n’ai jamais vraiment été attirée par la littérature japonaise, mais ce récit me donne envie d’essayer, histoire intemporelles et traditions font souvent un bon mélange…. Merci pour cette découverte !

  2. Je te le conseille vraiment. Ce livre, c’est la promesse d’un voyage.
    Tout au long de sa lecture, j’étais vraiment ailleurs.

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