Archives de Catégorie: Uncategorized

Le passage de la nuit

Par: Haruki Murakami
2008

Murakami, encore.
Après le magnifique Kafka sur le rivage suivi du décevant Saules aveugles, femme endormie, j’ai décidé de remettre ça avec le maître actuel de la littérature japonaise. Pour comprendre si Kafka avait des frères et soeurs et pour entrer un peu mieux dans l’univers de l’auteur.

Le titre de ce roman m’a interpellée. Le passage de la nuit. Je reconnaissais déjà bien là le goût de Murakami pour l’étrange, l’entre deux, le mystérieux. Et, la lecture de ce court roman a confirmé tous ces (heureux) soupçons.
Le livre raconte Tokyo, une nuit. Une nuit pour certains noire, pour d’autres seulement grise. Mais la ville décrite par Murakami reste une ville nébuleuse, presque impalpable. Certes, des prostituées se font battre; des femmes racontent leur passé et leur crainte d’avancer dans la clarté du jour; des secrets sont peu à peu dévoilés. Mais la nuit est avant tout un refuge. Si elle ne protège pas de tout, elle permet tout de même un répit, une pause bienvenue. Pendant ces quelques heures noires, la vie peut se montrer sous un jour nouveau. L’équilibre entre bien et mal, justice et vengeance, amour et rejet est incroyablement ténu.

Pour avancer dans ce paysage clair-obscur, Murakami nous propose de suivre quelques personnages, avec leurs intrigues et leur incertitudes. Et peu à peu, Mari, Eri, Kaoru, Takahashi et les autres se dérident et se laissent appréhender. Nous les rejoignons pendant une nuit seulement et acceptons de les laisser, le petit matin venu, reprendre leur route.

Ce roman est un arrêt sur images. Un cliché pris et qui prend vie, pour nous, un instant seulement.
On referme ce livre sans aucune certitude sur l’avenir des uns et des autres. On a simplement été les témoins de cette portion de vie, de cette nuit tokyoïte presque comme les autres.

La force de Murakami tient dans sa capacité à créer des univers singuliers, en équilibre toujours instable. Il donne vie à des instants suspendus et nous emmène avec lui dans ce monde un peu parallèle et pourtant proche de nous.
Les dialogues sont vrais et justes. Pas de fioritures, rien que l’essentiel. Et son écriture emprunte beaucoup au cinéma avec ses cadres, ses focus et ses travelings.
D’ailleurs, si Murakami se défend de vouloir emprunter au style d’autres auteurs, force est de constater que la description du tribunal et de la justice qu’il fait lors d’un passage du livre (chapitre 9) ressemble en tous points au Procès de Franz Kafka. Les mots sont les mêmes. Ce tribunal sans visage, à la loi implacable et aux tentacules multiples fait clairement écho au procès absurde de l’auteur tchèque. Et l’atmosphère est la même: ambivalente, peu rassurante, indéchiffrable.

Cet auteur a ce génie fou de pouvoir manipuler son lecteur à l’envi.
Quel que soit l’univers qu’il crée, nous le suivons, sans nous interroger. Et malgré une écriture nue et presque froide, j’ai suivi, jusqu’au bout.

Encore un coup de maître.

Bel-Ami

De Guy de Maupassant
Publié en 1885 en plusieurs feuilletons dans le quotidien Gil Blas

Bel-Ami, ou Georges Duroy devenu Georges Du Roy de Cantel, est un jeune homme arriviste, obnubilé par la réussite sociale et l’argent.
Pour parvenir à ses fins, il use et abuse des femmes et n’hésite pas à séduire les épouses de ses collègues voire de son patron. Un homme bien sous tous rapports, donc.
Car Georges Duroy, non content de semer le trouble dans tous les ménages qu’il côtoie, parvient à rester adulé, adoré des femmes qui, pour certaines, voient en lui l’image du Christ.

Issu d’une famille modeste, ses parents tiennent une auberge à Canteleu en Normandie. Envoyé deux ans en Algérie, nous le retrouvons à Paris alors qu’il travaille au bureau des Chemins de Fers du Nord depuis quelques mois. Bien conscient de la précarité de son existence et de la vie luxueuse et faste à côté de laquelle il passe, il se désole et se prend à rêver à son ascension.
Ce rêve prend rapidement les traits d’un ancien camarade, Charles Forestier, rédacteur au journal La vie française et qui y fait entrer Georges Duroy. Ce nouveau travail marque son entrée dans une nouvelle vie. Il prend rapidement conscience de sa beauté, de son pouvoir de séduction sur les femmes (admirez donc le bellâtre ci-dessous) et il sait désormais que son rêve de fortune est accessible.

 

Bourreau des coeurs, il séduit tour à tour la femme de son ami Forestier, celle de son patron M. Walter pour finalement se tourner vers la fille de celui-ci…
Vous l’aurez compris, cet homme ne fait pas grand cas de la morale ni de la bienséance. Il utilise les femmes pour quelques instants de plaisir mais voit surtout en elle les outils de son ascension sociale. Il se sert d’elles et n’hésite pas à s’en détourner dès qu’elles ne le satisfont plus.
Bel-Ami (qui est le doux surnom dont l’affuble la fille d’une de ses maîtresses) utilise, manigance et ruine nombre de ses amitiés. Cependant, il reste attachant. Ce n’est pas le sombre manipulateur, vil et détestable que l’on pourrait imaginer. Maupassant lui prête des traits sympathiques et en nous invitant à lire les pensées de Duroy, nous le montre sous un jour humain. De ce fait, le roman est très agréable à lire. Il se déroule naturellement, le style est extrêmement fluide.

Pour ne rien gâcher, Maupassant choisit de dresser son roman en plein coeur de Paris et de sa société du XIXème siècle. C’est donc un récit réaliste, plaisant de par ce qu’il donne à voir sur la vie de l’époque, l’avènement et le développement des journaux, la bourgeoisie qui cherche à asseoir sa fortune et qui côtoie une population beaucoup plus modeste mais aussi plus authentique.

Pour tous ceux que les classiques de la littérature française rebutent, laissez-vous aller à Bel-Ami, je vous garantis un moment de lecture très agréable.

 

L’oeil de Pâques

Par Jean Teulé (1992)

Ce livre n’est pas un polar. Il n’est pas un poème non plus. Pas plus qu’une pièce de théâtre, d’ailleurs.
Et pourtant, il est tout cela à la fois.

L’oeil de Pâques raconte la naissance du monde en même temps que les destins croisés de six personnages qui n’auraient jamais pu se rencontrer sans Pâques, une indienne à l’oeil rose, fraichement débarquée à Calais.
Ce livre est un bouquet de senteurs, d’émotions et de saveurs toutes uniques et singulières. Jean Teulé nous berce et nous fait voguer d’un personnage à l’autre, d’une histoire à la suivante. A cette poésie vient se greffer une dimension toute théâtrale avec son comique de répétition et des situations absurdes, un crime qui n’en est pas vraiment un et des personnages un peu déjantés.

Je ne connaissais rien de l’auteur et c’est donc sans aucun a priori que je me suis lancée. L’aventure a su être agréable en même temps qu’elle a été déstabilisante.
Jean Teulé produit ici un roman très court, aux facettes multiples, et qui protège le lecteur de l’ennui ou de la lassitude. Chaque page est un petit concentré d’écriture onirique, réaliste et scénique. Ce foisonnement de genres différents au sein d’un même livre est ce qui fait, à mes yeux, la grande force de L’oeil de Pâques. Que vous soyez théâtre, roman ou plutôt conte, l’auteur touche chacun de nous, chacune de nos sensibilités. Mais le risque, avec ce genre de livre, est de perdre le lecteur, de l’égarer au milieu de cette explosion d’images. C’est un sentiment que j’ai parfois partagé, sans pour autant que cela nuise à la progression du récit. Le seul (vrai) bémol que je mets touche au vocabulaire parfois employé. Je suis assez allergique aux insultes, aux jurons dans les livres et ici, Teulé en sème quelques uns. Rendre compte d’un sentiment de colère par une insulte, c’est prendre un raccourci un peu facile dans l’écriture.

Cela dit, le récit reste beau et l’intrigue prenante.

Voici donc un récit surprenant,  détonnant et qui se lit très facilement.

Madame Bovary

Par Gustave Flaubert (1857)
Publié sous le titre: Madame Bovary, moeurs de province

Pauvre Emma Bovary !
Femme profondément romantique, elle se retrouve mariée à Charles, un homme terre-à-terre, sans ambition et qui coupe la voie à tous ses rêves. Aspirant à une vie de faste, la voici à la campagne, cherchant à occuper ses longues journées tandis que son médecin de mari travaille. Elle végète, elle se réfugie toujours plus dans le souvenir de ses lectures et rêve d’un monde dans lequel elle pourrait être une véritable dame aimée d’un homme qui saurait la rendre vivante.
Emma supporte de moins en moins bien cette existence modeste (bien que bourgeoise) et la pensée du bal majestueux donné au château de la Vaubyessard lui revient sans cesse en mémoire et la conforte dans son malheur.

Inconditionnelle idéaliste, elle se laisse séduire par Rodolphe, séducteur né; s’endette dans l’achat de tissus et d’étoffes toujours plus luxueuses et perd sa fortune en même temps que tout espoir en une vie meilleure.

Voilà pour l’histoire de cette malheureuse Emma, trop lyrique pour cette vie simple et déterminée.

Madame Bovary fait partie de ces classiques que je relis fréquemment. Flaubert a su produire un récit complet dans lequel chaque personnage nous est tour à tour attachant, surprenant, déroutant voire énervant. En refermant la dernière page du livre, j’ai eu l’impression, dès la première lecture, de tout connaître d’Emma et de sa vie. L’écriture de l’auteur est limpide et rend très facile une représentation de l’environnement, du cadre de vie des différents personnages.
En plus et pour ne rien gâcher, le romantisme et l’idéalisme d’Emma la rendent réellement plaisante. Contrairement à Anna Karénine, Emma est plus accessible et je crois que chacun peut se retrouver dans son personnage.

Il ne manque vraiment rien à ce roman pour faire partie des plus grands: la familiarité des personnages et leur évolution, l’intensité dramatique toujours présente, une Emma toujours plus insatisfaite et malheureuse mais également un panorama de la vie à la campagne très riche en couleurs. Flaubert ne lésine sur rien, il n’omet aucun détail. Et certains passages du livre sont tout simplement délicieux. J’en veux pour preuve la lettre que Rodolphe, amant d’Emma rapidement découragé par ses rêveries, lui adresse en guise de rupture:

(extrait)
« Il me semble que c’est tout. Ah ! encore ceci, de peur qu’elle ne vienne à me relancer :
 » Je serai loin quand vous lirez ces tristes lignes ; car j’ai voulu m’enfuir au plus vite afin d’éviter la tentation de vous revoir. Pas de faiblesse ! Je reviendrai ; et peut-être que, plus tard, nous causerons ensemble très froidement de nos anciennes amours. Adieu !  »
Et il y avait un dernier adieu, séparé en deux mots A Dieu ! ce qu’il jugeait d’un excellent goût. »

Rodolphe s’amuse de cette lettre et fait fi de l’amour qu’Emma lui porte. Cette lettre témoigne de la frivolité de cet homme et de sa lâcheté, également. Cet extrait, tout comme les dernières pages du roman font de celui-ci un ouvrage vivant et dynamique, à côté duquel il serait dommage de passer.

 

Fahrenheit 451

Par Ray Bradbury (1953)
Adapté au cinéma par François Truffaut en 1966
Prix Hugo du Meilleur Roman (1954)

Nous voilà dans un monde où les pompiers n’éteignent plus les feux; ils les allument.

Dans Fahrenheit 451, c’est la société de masse qui est pointée du doigt. Une société dans laquelle les gens se désintéressent de la culture, des livres et du savoir pour y préférer les rendez-vous avec leur « famille » (comprendre ici, les programmes télévisés).
Tout le monde écoute et croit aux mêmes choses, personne n’est suffisamment conscient pour s’opposer au système en place, les hommes ont été remplacés par des animaux dociles et malléables à souhait.
Dans cette société, les livres sont devenus des objets qu’il est interdit de posséder, sous peine de voir sa bibliothèque et toute sa maison brûler par ces pompiers d’un genre nouveau.
Bradbury nous conte également l’histoire de Guy Montag, pompier de carrière, mouton de Panurge comme les autres mais profondément malheureux. Il ne se souvient plus de la rencontre avec sa femme, laquelle abuse de pilules pour dormir. Sa vie n’a plus de sens jusqu’à sa rencontre avec Clarisse, une jeune fille vivante et libre et Faber, professeur retraité n’ayant jamais cessé de lire malgré l’interdiction.


Aux côtés de ces personnes, Montag va tenter de se dégager peu à peu de l’emprise de la société et de la propagande en place. Il s’interroge:
« Il doit y avoir quelque chose dans les livres, des choses que nous ne pouvons pas imaginer, pour amener une femme à rester dans une maison en flammes; oui il doit y avoir quelque chose. On n’agit pas comme ça pour rien. » 
Aura-t-il le courage d’aller au bout de ses actes? Saura-t-il s’opposer définitivement? C’est avec ces questions que Bradbury tisse la trame de son récit.

Un récit qui porte sur la liberté de penser, le courage, l’authenticité, l’espoir  d’un futur meilleur… des thèmes battus et rebattus par la littérature mais que l’auteur aborde sous un jour nouveau.

Dire que j’ai été transportée par ce récit serait un peu exagéré. Cela dit, je dois reconnaître que l’intrigue que propose Bradbury est pour le moins originale. Et je crois qu’elle parlera à tous les amoureux des livres.
Un bémol cependant, le style. Bradbury est un auteur américain et donc traduit. Il aurait été intéressant de lire la version originale du livre pour pouvoir mieux juger de son style. Mais je dois avouer que cette version de presque 40 ans est un peu vieillotte et abrupte. Les aventures du héros sont décrites les unes après les autres, sans sensibilité particulière, sans beauté dans l’écriture. C’est ce qui m’a gêné. Et les descriptions du Limier, sorte de machine-monstre destinée à tuer les lecteurs m’ont laissée de marbre. J’avais le sentiment de lire de la science-fiction de bas étage, avec des « machines » décrites de façon grotesque, exagérée.

Une jolie citation, tout de même: « Savez-vous pourquoi des livres comme celui-ci ont une telle importance? (… ) Ce livre a des pores. Il a des traits. Vous pouvez le regarder au microscope. Sous le verre, vous trouverez la vie en son infini foisonnement. »

Quelques beaux passages, une réflexion sur le bonheur que chacun doit trouver dans une société imparfaite, des autodafés qui ne sont pas sans rappeler les agissements des Allemands nazis sous le Troisième Reich, des aventures hautes en couleurs, voilà ce qu’offre Fahrenheit 451.

Saules aveugles, femme endormie

Par Haruki Murakami (2005)

Un si joli titre pour une bien grande déception.

Découvrir Murakami par Kafka sur le rivage, c’est goûter au meilleur, d’entrée de jeu. La plume de l’écrivain se fait enchanteresse et nous emmène là où bon lui semble. Petits funambules, nous suivons sans nous questionner, sans vouloir revenir en arrière. Le voyage est trop beau. Je n’attendais rien de moins extraordinaire pour ce recueil de nouvelles de l’auteur japonais. Un titre qui invite à la rêverie, 23 nouvelles qui se font le condensé du talent immense de Murakami, j’étais conquise avant même de tourner la première page de ce livre. Et pourtant…

  Il y a si peu de magie, de fantaisie dans ce    recueil ! Je n’ai rien retrouvé de ce qui fait le génie de cet auteur, rien. Cet homme obsédé par les spaghetti, cette femme qui oublie son nom régulièrement depuis un an ou encore ce gardien de nuit terrifié par son propre reflet; Murakami a pourtant su créer des personnages sur-mesure, parfaitement taillés pour supporter les aventures dans lesquelles il aurait pu les précipiter. Au lieu de cela, on reste sur sa faim de la première à la dernière page du récit. Certes, certaines histoires ne sont pas sans rappeler Maupassant et son Horla et celles-ci ont su verser dans un fantastique inquiétant, dérangeant. Mais elles sont trop rares. Bien trop souvent, j’ai eu l’impression que Murakami mettait le point final à sa nouvelle au moment où elle aurait pu prendre son envol. D’intensité dramatique, je n’en ai pas vu. De féérie, de sublime, il n’y en a point.
J’ai même du mal à croire que le père de Kafka sur le rivage ait également enfanté de Saules aveugles, femme endormie. Ces nouvelles sont bien médiocres. Après tout, Murakami n’excelle peut être pas partout. La nouvelle est un genre bien à part et l’auteur a certainement besoin de plus d’espace pour emmener son lecteur avec lui. Quoi qu’il en soit, j’espérais un ouragan, je n’ai eu droit qu’à un souffle léger. Je me sens presque en colère contre cet auteur si doué ! C’est comme s’il avait trahi ses lecteurs en leur offrant une nourriture bien terrestre après les avoir habitués à l’ambroisie.

Aux habitués de l’auteur, je ne conseille pas ces nouvelles. A ceux à qui Murakami fait peur par son écriture fantasque, Saules aveugles… peut être un bon point de départ pour plonger (très) doucement dans l’univers de l’auteur sans crainte d’être trop déroutés.

La nuit des temps

Par René Barjavel (1968)
Prix des libraires en 1969

Avant, je prenais la science-fiction pour un genre fait pour les garçons, avec  des intrigues invraisemblables, des machines volantes et des petits hommes verts. Mais ça, c’était avant. Avant Barjavel, avant ma rencontre avec Eléa, Païkan, Simon et tous les autres.
La nuit des temps m’a mis une claque et a fait s’effondrer tous les préjugés que j’avais sur  ces histoires extra-ordinaires.

L’histoire, parlons-en. Elle mêle années 1960 et temps ancestraux, hommes du présent et du passé. Le livre s’ouvre sur la découverte, par un groupe de scientifiques français, d’un signal émettant depuis les profondeurs glaciaires de l’Antarctique. Intrigués, ils décident de mener une expédition pour découvrir d’où provient ce signal venu de nulle part. Toutes les nations du monde se joignent alors à l’équipe française et les moyens mis en oeuvre vont leur permettre de découvrir l’impensable et de faire la rencontre de deux être humains, maintenus en vie artificiellement, et âgés d’approximativement 900 000 ans. Mais attention, cet homme et cette femme ne ressemblent en rien aux grands primates, australopithèques et autres ascendants du genre humain. Leur beauté, au contraire, va saisir toute l’équipe de scientifiques. Ces deux êtres semblent renfermer en eux une intelligence et un savoir que nos chercheurs se doivent de découvrir. Qui sont-ils? Comment sont-ils arrivés ici? Est-il possible de les ramener à la vie? Qu’ont-ils à nous apprendre? En choisissant de réveiller Eléa, la femme, en premier, le monde entier va découvrir un pan gigantesque de l’histoire de l’humanité.

Avec ce livre, René Barjavel pose des questions fondamentales: l’évolution de l’être humain a-t-elle été, comme on le croit, linéaire et croissante? Notre intelligence est-elle nécessairement supérieure à celle de nos ancêtres? Connaissons-nous réellement nos origines?

Loin d’être un traité philosophique, La nuit des temps nous entraîne dans la quête de savoir de cette équipe de chercheurs. Avec eux, nous basculons 900 000 ans auparavant, dans le monde d’Eléa, de Païkan et de Coban. Nous somme pris dans l’histoire passionnée qui unit ces êtres du passé et Simon, médecin de l’équipe.

J’avais très peur d’une histoire à l’eau de rose, gorgée de bons sentiments et trop belle pour être vraie. Il n’en est rien. Oui, on parle d’amour et de passion. Oui, la découverte de ces deux êtres et de leur histoire n’a rien de rationnel. Oui, le récit est digne des plus grands scénarios hollywoodiens. D’ailleurs, La nuit des temps était, à l’origine, un scénario destiné à une adaptation cinématographique mais qui n’a pu voir le jour, faute de moyens. Tout cela est vrai mais Barjavel donne une telle puissance à son récit que toutes ces considérations sont dépassées.
Les protagonistes du récit m’ont réellement émue. J’ai été bouleversée par leur histoire alors que je ne misais pas grand chose sur l’intrigue au départ.

Cette première rencontre avec la science-fiction m’a fait l’effet d’un ouragan. Les préjugés que j’avais se sont envolés et ne reste que l’envie de découvrir d’autres histoires, sous d’autres cieux.