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Fahrenheit 451

Par Ray Bradbury (1953)
Adapté au cinéma par François Truffaut en 1966
Prix Hugo du Meilleur Roman (1954)

Nous voilà dans un monde où les pompiers n’éteignent plus les feux; ils les allument.

Dans Fahrenheit 451, c’est la société de masse qui est pointée du doigt. Une société dans laquelle les gens se désintéressent de la culture, des livres et du savoir pour y préférer les rendez-vous avec leur « famille » (comprendre ici, les programmes télévisés).
Tout le monde écoute et croit aux mêmes choses, personne n’est suffisamment conscient pour s’opposer au système en place, les hommes ont été remplacés par des animaux dociles et malléables à souhait.
Dans cette société, les livres sont devenus des objets qu’il est interdit de posséder, sous peine de voir sa bibliothèque et toute sa maison brûler par ces pompiers d’un genre nouveau.
Bradbury nous conte également l’histoire de Guy Montag, pompier de carrière, mouton de Panurge comme les autres mais profondément malheureux. Il ne se souvient plus de la rencontre avec sa femme, laquelle abuse de pilules pour dormir. Sa vie n’a plus de sens jusqu’à sa rencontre avec Clarisse, une jeune fille vivante et libre et Faber, professeur retraité n’ayant jamais cessé de lire malgré l’interdiction.


Aux côtés de ces personnes, Montag va tenter de se dégager peu à peu de l’emprise de la société et de la propagande en place. Il s’interroge:
« Il doit y avoir quelque chose dans les livres, des choses que nous ne pouvons pas imaginer, pour amener une femme à rester dans une maison en flammes; oui il doit y avoir quelque chose. On n’agit pas comme ça pour rien. » 
Aura-t-il le courage d’aller au bout de ses actes? Saura-t-il s’opposer définitivement? C’est avec ces questions que Bradbury tisse la trame de son récit.

Un récit qui porte sur la liberté de penser, le courage, l’authenticité, l’espoir  d’un futur meilleur… des thèmes battus et rebattus par la littérature mais que l’auteur aborde sous un jour nouveau.

Dire que j’ai été transportée par ce récit serait un peu exagéré. Cela dit, je dois reconnaître que l’intrigue que propose Bradbury est pour le moins originale. Et je crois qu’elle parlera à tous les amoureux des livres.
Un bémol cependant, le style. Bradbury est un auteur américain et donc traduit. Il aurait été intéressant de lire la version originale du livre pour pouvoir mieux juger de son style. Mais je dois avouer que cette version de presque 40 ans est un peu vieillotte et abrupte. Les aventures du héros sont décrites les unes après les autres, sans sensibilité particulière, sans beauté dans l’écriture. C’est ce qui m’a gêné. Et les descriptions du Limier, sorte de machine-monstre destinée à tuer les lecteurs m’ont laissée de marbre. J’avais le sentiment de lire de la science-fiction de bas étage, avec des « machines » décrites de façon grotesque, exagérée.

Une jolie citation, tout de même: « Savez-vous pourquoi des livres comme celui-ci ont une telle importance? (… ) Ce livre a des pores. Il a des traits. Vous pouvez le regarder au microscope. Sous le verre, vous trouverez la vie en son infini foisonnement. »

Quelques beaux passages, une réflexion sur le bonheur que chacun doit trouver dans une société imparfaite, des autodafés qui ne sont pas sans rappeler les agissements des Allemands nazis sous le Troisième Reich, des aventures hautes en couleurs, voilà ce qu’offre Fahrenheit 451.

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