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La nuit des temps

Par René Barjavel (1968)
Prix des libraires en 1969

Avant, je prenais la science-fiction pour un genre fait pour les garçons, avec  des intrigues invraisemblables, des machines volantes et des petits hommes verts. Mais ça, c’était avant. Avant Barjavel, avant ma rencontre avec Eléa, Païkan, Simon et tous les autres.
La nuit des temps m’a mis une claque et a fait s’effondrer tous les préjugés que j’avais sur  ces histoires extra-ordinaires.

L’histoire, parlons-en. Elle mêle années 1960 et temps ancestraux, hommes du présent et du passé. Le livre s’ouvre sur la découverte, par un groupe de scientifiques français, d’un signal émettant depuis les profondeurs glaciaires de l’Antarctique. Intrigués, ils décident de mener une expédition pour découvrir d’où provient ce signal venu de nulle part. Toutes les nations du monde se joignent alors à l’équipe française et les moyens mis en oeuvre vont leur permettre de découvrir l’impensable et de faire la rencontre de deux être humains, maintenus en vie artificiellement, et âgés d’approximativement 900 000 ans. Mais attention, cet homme et cette femme ne ressemblent en rien aux grands primates, australopithèques et autres ascendants du genre humain. Leur beauté, au contraire, va saisir toute l’équipe de scientifiques. Ces deux êtres semblent renfermer en eux une intelligence et un savoir que nos chercheurs se doivent de découvrir. Qui sont-ils? Comment sont-ils arrivés ici? Est-il possible de les ramener à la vie? Qu’ont-ils à nous apprendre? En choisissant de réveiller Eléa, la femme, en premier, le monde entier va découvrir un pan gigantesque de l’histoire de l’humanité.

Avec ce livre, René Barjavel pose des questions fondamentales: l’évolution de l’être humain a-t-elle été, comme on le croit, linéaire et croissante? Notre intelligence est-elle nécessairement supérieure à celle de nos ancêtres? Connaissons-nous réellement nos origines?

Loin d’être un traité philosophique, La nuit des temps nous entraîne dans la quête de savoir de cette équipe de chercheurs. Avec eux, nous basculons 900 000 ans auparavant, dans le monde d’Eléa, de Païkan et de Coban. Nous somme pris dans l’histoire passionnée qui unit ces êtres du passé et Simon, médecin de l’équipe.

J’avais très peur d’une histoire à l’eau de rose, gorgée de bons sentiments et trop belle pour être vraie. Il n’en est rien. Oui, on parle d’amour et de passion. Oui, la découverte de ces deux êtres et de leur histoire n’a rien de rationnel. Oui, le récit est digne des plus grands scénarios hollywoodiens. D’ailleurs, La nuit des temps était, à l’origine, un scénario destiné à une adaptation cinématographique mais qui n’a pu voir le jour, faute de moyens. Tout cela est vrai mais Barjavel donne une telle puissance à son récit que toutes ces considérations sont dépassées.
Les protagonistes du récit m’ont réellement émue. J’ai été bouleversée par leur histoire alors que je ne misais pas grand chose sur l’intrigue au départ.

Cette première rencontre avec la science-fiction m’a fait l’effet d’un ouragan. Les préjugés que j’avais se sont envolés et ne reste que l’envie de découvrir d’autres histoires, sous d’autres cieux.